Daroul Ifta
Centre de Recherche et de Fatawa (Avis Juridique Islamique)

Divers

En guise d'introduction, il convient de rappeler que si le haydh (menstrues) débute avant qu'une femme n'ait pu accomplir (complètement ou en majeure partie) le tawâf obligatoire du hadj, c'est-à-dire le tawâf ouz ziyârah (ou tawâf oul ifâdhah), dans ce cas, celle-ci devra continuer à accomplir les autres rituels du pèlerinage normalement (ramiy, c'est à dire lapidation des stèles à minâ), dam out tamattou' awil qirân (sacrifice de l'animal lié à l'accomplissement du hadj tamattou' ou qirân), qasr ouch cha'r (raccourcissement des cheveux)…).

Après quoi, elle devra obligatoirementpatienter à Makkah jusqu'à la fin du haydh; quand elle aura retrouvé l'état de pureté rituelle, elle accomplira le tawâf ouz ziyârah suivi du tawâf oul widâ' –il s'agit de celui qui est accompli à la fin des rituels du hadj, avant de quitter la ville de Makkah.

C'est pour éviter une situation de ce genre et les difficulté qu'elle peut entraîner que certains savants autorisent à celle qui va aller accomplir le hadj et qui pense qu'il est fort probable (suivant son habitude menstruelle) que son haydh débute avant qu'elle ait pu accomplir le tawâf ouz ziyârah, d'avoir recours à un moyen licite –comme la prise de pilules contraceptives de façon continue pendant un laps de temps défini 1- afin de retarder l'arrivée des menstrues. Il est à noter cependant que, s'il est avéré que le moyen en question risque d'entraîner des effets secondaires néfastes sur la santé de la femme, il ne doit être adopté qu'en cas de réelle nécessité, comme l'impossibilité de retarder le voyage de retour du hadj. 

Que faire dans l'éventualité où le haydh d'une femme débute avant le tawâf ouz ziyârah et qu'il n'y a réellement aucune possibilité pour celle-ci de rester à Makkah pour attendre la fin de ses menstrues -elle doit par exemple prendre un vol pour rentrer chez elle juste après les jours du hadj en compagnie de son mahram, et, malgré toutes les démarches entreprises (auprès des autorités, de la compagnie aérienne, des organisateurs du voyage…), il leur est impossible de modifier leur programme de retour même en payant un supplément?

Face à ce problème délicat, celle qui adhère à l'approche juridique de l'école hanafite doit savoir que, dans tous les cas, les références juridiques de ce madh-hab n'autorisent pas de faire le tawâf az ziyârah en état de haydh ou de nifâs… Mais, si elle fait quand même le tawâf dans cet état, celui-ci sera considéré valide (voir "Radd al Mouhtâr" - v.2, p.519 et 550-551).

Après avoir complété le rituel du tawâf ouz ziyârah cependant, elle devra s'acquitter d'un dam important (sacrifice d'un bœuf de deux ans au moins ou d'un chameau de cinq ans au moins) suivant les principes énoncés par les juristes hanafites, et ce, pour compenser le grave défaut qui entache ce tawâf en raison de son accomplissement en état d'impureté rituelle majeure (hadath akbar).

Il est à noter que si jamais la femme a finalement la possibilité de retarder son retour, elle devra accomplir à nouveau ce tawâf; et quand elle l'aura fait, il ne lui sera plus nécessaire de s'acquitter du dam.

Wa Allâhou A'lam !

Note :

1- La prise de la pillule contraceptive de façon continue entraîne parfois l'apparition de traces de sang en lieu et place des menstrues habituelles.  Ce genre de traces peut, sous certaines conditions, être considérés comme haydh également.  Pour que l'absence de menstrues soit avérée, la femme doit constater une absence totale de saignement et même de traces de sang.

Question répondue par Mw Mouhammad Patel le 11/10/2013 à 21:09
The bottom