Daroul Ifta
Centre de Recherche et de Fatawa (Avis Juridique Islamique)

Le rite mortuaire (al Djanâ-iz)

Il y a là plusieurs aspects à prendre en considération afin d’éviter de tomber dans des complications et des extrêmes qui n’ont pas lieu d’être dans un moment aussi difficile pour toute la famille :

-  Il est makrouh (fortement déconseillé) aux personnes se trouvant dans la salle où est placé le défunt de lire le Qour’aan avant le bain mortuaire (ghousl),

-  Il est permis de faire le tilaawah (lecture du Qour'aan) dans une pièce autre que celle dans laquelle ce trouve le défunt avant le bain mortuaire (ghousl).

Question répondue par Centre de Recherches et de Fatâwa de la RĂ©union le 17/03/2016 à 16:17

Il est permis de faire un sacrifice volontaire (nafl) pour une personne (pour le Prophète  (sallallâhou 'alayhi wa sallam) ou un membre de la famille par exemple); la personne obtiendra la récompense du sacrifice. Cependant, on devra se décharger de son propre sacrifice obligatoire (wâdjib) séparément. Le sacrifice pour le compte d'une quelconque autre personne ne suffira pas pour son propre sacrifice obligatoire.

Question répondue par Centre de Recherches et de Fatâwa de la RĂ©union le 25/02/2016 à 11:31

D’après les juristes, la sortie de l’âme du corps humain annule la validité du Ghousl. Puisque le défunt doit être présenté devant  Allah dans une situation noble, on lui donne le bain rituel afin de purifier son corps.

Question répondue par Centre de Recherches et de Fatâwa de la RĂ©union le 19/02/2014 à 05:49

Si la salât oul Djanâ-iz a été accomplie, alors il n’est plus nécessaire de la refaire. Par contre, si la famille souhaite le refaire, alors plusieurs cas se présentent :

  1. Si la famille (wali) a donné l’autorisation -explicite ou implicite- de s’occuper du mayitte et d’accomplir la Salât oul Djanâ-iz, alors on ne pourra pas accomplir une deuxième fois la Salât.

 

  1. Si la Salât oul Djanâ-iz a été accompli sans l’autorisation (ou sans la présence) du wali, alors :
  • Si celle-ci a été accomplie par un Imâm (qui possède toutes les qualités requises pour l’imâmat), alors on ne pourra pas la refaire une deuxième fois.
  • Si la Salât a été accomplie par quelqu’un qui n’est pas imâm, ni ne possède toutes les qualités requises pour l’imâmat, alors le wali peut s’il le désire refaire Salât oul Djanâ-iz
Question répondue par Centre de Recherches et de Fatâwa de la RĂ©union le 25/02/2016 à 11:32

Une personne est considérée comme étant dans le "maradh oul mawt" lorsque :

  •  Elle est affectée par une maladie qui entraîne généralement la mort (selon l'avis des spécialistes du corps médical),
  •  que son état est tel qu'elle n'est plus en mesure de s'acquitter de ses besoins personnels (par exemple se rendre sur son lieu de travail (s'il s'agit d'un homme) ou faire les tâches ménagères (pour une femme) comme elle le faisait auparavant (lorsqu'elle était en bonne santé) et
  • qu'elle finisse par succomber de cette maladie.

 

Pour être considéré comme étant parvenu au stade de "maradh oul mawt", il n'est pas nécessaire que le malade soit constamment cloué au lit. (Radd oul Mouhtâr Vol. 7-Pag 241)

Dans le cas d'une affection dont le développement peut s'étendre sur plusieurs années (comme le cancer ou le sida, par exemple), celle-ci est considérée comme étant "maradh oul mawt" lorsqu'elle ne cesse de s'aggraver (jusqu'à entraîner finalement la mort). Si l'évolution de la maladie s'arrête pendant un long laps de temps (une année au moins), elle n'est plus considérée comme "maradh oul mawt" (du moins jusqu'à ce qu'elle se remette à empirer…). (Islâm awr djadîd maydical masâïl Pag.54)

   Dans le droit musulman, le malade qui se trouve en état de "maradh oul mawt" est concerné par des règlements spécifiques, dont voici quelques uns :

  1. S'il offre quelque chose ("hibah")à un étranger (et que celui-ci prend possession de celle-ci), le don n'est valide qu'à hauteur du tiers de ses biens (sauf si tous les héritiers (qui doivent également être adulte) s'accordent pour en valider d'avantage).
  2. S'il fait une reconnaissance de dette en faveur de l'un de ses héritiers, celle-ci ne sera acceptée que si tous les autres héritiers sont d'accord.
  3. S'il divorce de façon définitive (talâq bâïn) de sa femme et qu'il meurt ensuite alors que celle-ci est toujours dans sa 'iddah, elle héritera de lui.
  4. S’il vend quelque chose de bien défini lui appartenant à l'un de ses héritiers la transaction effectuée dépendra de l'autorisation des autres héritiers : Si ceux-ci sont d'accord pour valider la vente, elle le sera effectivement. Et dans le cas où ils ne l'autorisent pas, la vente sera annulée.

Par contre, si elle recouvre ensuite la santé (c'est-à-dire qu'elle quitte le stade de "mardh oul mawt"), sa transaction sera considérée comme étant valide. (Fatâwa Hindiyah)

Question répondue par Centre de Recherches et de Fatâwa de la RĂ©union le 21/02/2014 à 10:24

Réponse : Les savants de l’école Hanafite se sont divergés  sur cette question. En effet, l’Imâm Abû Hanifa (rahimahoullâh) est d’avis qu’il est déconseillé (mak’roûh) de réciter le Qour'aan dans le cimetière. Toutefois, l’Imâm Mouhammad (rahimahoullâh) est d’avis que cela est permis. La plupart de nos savants ont préféré l’avis de l’Imâm Mouhammad (rahimahoullâh). Ainsi, lors de la visite des défunts, il nous est donc permis de réciter le Qour'aan devant les tombes.

Voici ci-dessous quelques arguments prouvant cela :

 

  • Selon Anas (radhia’allâhou’anhou), le Prophète (salallâou’alahi’wassallam) a dit : «Quiconque entre dans le cimetière et lit la Sourate Yassîne, leur (châtiment) sera réduit ce jour-là, et il aura la récompense égale au nombre de personnes enterées dans le cimetière». (Cité par l’Imâm As-Souyoutî dans Char-ous -soudoûr bihâl-il-mauwtâ wal-qaboûr)
  • Selon ‘Alî (radhia’allâhou’anhou), le Prophète (salallâou’alahi’wassallam) a dit :  «Celui qui passe près d’une tombe et lit onze fois la Sourate Al-Ikhlâss, puis transmet les récompenses aux morts, aura la récompense égale au nombre de personnes enterrées dans le cimetière. »   (I’lâ-ous-Sounan)  

Moufti Ridhâ-ul-Haq (Hafidha-houllâh) écrit en substance de cette Tradition : « Ce Hadîth, même s’il est dhaîf (faible), mais étant donné que cela concerne les vertus, on peut donc le mettre en pratique en ayant l’intention de récolter les récompenses promises. C’est pour cette raison que les juristes ont cité ce Hadith». (Fatâwâ Daroul’uloum Zakariya- Volume 2/ Page 657)
 

  • Aboû Houreira (radhia’allâhou’anhou) rapporte que le Messager d’Allah (salallâou’alahi’wassallam) a  dit : «Celui qui entre dans le cimetière et lit la Sourate Al-Fâtihah, la Sourate Al-Ikhlaâs et la Sourate At-Takâthour, et ensuite dit : « Ô Allah, transmets les récompenses de ce que j’ai lu de Ta Parole aux hommes et aux femmes qui se trouvent dans le cimetière », alors ces personnes intercéderont en sa faveur auprès d’Allah. » (Cité par l’Imâm Ad-Dâroul- Qoutnî dans son Sounan)
  • Ma’qal ibn Yassâr (radhia’allâhou’anhou) rapporte que le Prophète d’Allah (salallâou’alahi’wassallam) a  dit : « Lisez sur vos morts Yâssîne. » (Cité par l’Imâm Abû Dâoûd dans son Sounan) 

A partir de cette Tradition, certains savants disent qu’il nous est recommandé de lire la Sourate Yassîne pour le défunt près de sa tombe. (Voir Ad-Dourrour-Mandhoûd)

Bien que tous ces Ahâdith contiennent des faiblesses plus ou moins importantes au niveau de la chaîne de transmission, néanmoins, vu le nombre de Hadîth relatifs à ce sujet, cela suppose donc que cette pratique est bien évidemment fondée. (Mirqât-oul-Mafâtih- Volume 4/ Page 174)  

  • De même, d’après Ibn ‘Abbâs (radhia’allâhou’anhou), le Prophète (salallâou’alahi’wassallam) passa près de deux tombes dont les habitants subissaient des tourments. Après quoi, il déclara : « Ces deux hommes subissent des tourments pour des actes faciles. L’un d’eux, en urinant, ne se préservait pas du contact de son urine, et quant à l’autre, il s’adonnait à la calomnie. Ceci dit, il prit une branche de palmier verte, la fendit en deux, et planta chacun des morceaux sur une des tombes. On lui demanda alors : « Pourquoi agis-tu ainsi, ô Envoyé d’Allah ? » Il répondit : « Dans l’espoir qu’ils éprouveront quelque soulagement tant que ces branches ne seront pas desséchées. » (Cité par l’Imâm Al-Boukhârî et l’Imâm Mouslim dans leur Sahih)

En substance de cette Tradition, l’Imâm An-Nawawî (rahimahoullah) écrit : «Il est recommandé (moustahab) de lire le Qour'aan sur les tombes, parce que si le châtiment pourrait être allégé par le Tasbih (glorification d’Allah effectuée par) des branches de palmier, la récitation du Qour'aan serait sans aucun doute plus appréciable. » (Char'h-oul Mouslim  de l’Imâm An Nawawî)

A partir de tous ces éléments, les juristes ont donc affirmé qu’il est recommandé de lire le Qour'aan, lorsqu’on part au cimetière pour visiter les morts.  En effet, le célèbre juriste Hanafite, Allâmâh As-Shurunbulâlî écrit : « Il est conseillé de lire au cimetière la Sourate Yassîne, à cause de ce que nous rapporte Anas….» (Noûr-oul-Idhâh- pg.133)

De même, chez les Hanbalites, le Sheikh Al-Bouhoutî écrit : « Il n’est pas déconseillé de lire (le Qour'aan) devant une tombe, et dans un cimetière ; mais, il est conseillé à cause du Hadîth Marfou’ d’Anas….(Kach-cha-oul- Qina’-Volume 2/ Page 147)

Aussi, chez les savants Shaféites, l’Imâm An-Nawawî déclare : « Il est conseillé à celui qui visite les tombes de réciter ce qui lui est possible du Qour'aan. » (Al-Majmou’- vol.5/ pg.286)

Bref, lors de la visite des défunts au cimetière, il nous est donc permis de réciter le Qour'aan devant les tombes. En agissant ainsi, Incha Allah, nous obtiendrons également des récompenses par Allah pour nos lectures. Toutefois, nous ne devons en aucun cas considérer cette pratique comme étant une obligation.  (Kitâboul-Fatâwâ -Volume 3/ Page 224/ Mahmoudoul-Fatâwah- Volume 9/ Page 644)

Wallâhou A'lam

Question répondue par Moufti Housman Omarjee le 28/04/2016 à 12:33
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