Daroul Ifta
Centre de Recherche et de Fatawa (Avis Juridique Islamique)

L’ornement, les bijoux

Le port de bijoux (en or, argent ou tout autre matière) est autorisé exclusivement aux femmes en Islam. Cependant certains principes doivent être respectés :

  1. La musulmane doit obligatoirement veiller à ne pas porter un bijou symbolique des non musulmans (croix, crucifix, étoile de David…) ou un bijou qui témoignerait de croyances allant à l'encontre des enseignements de l'Islam ("main de Fatimah"…).
     
  2. Uniquement le piercing des parties du corps où le port de bijou est habituel pour les musulmanes est autorisé, c'est à dire les oreilles (et le nez, éventuellement). Le piercing des autres endroits du corps (comme les sourcils, la lèvre, la langue, le nombril…) n'est pas permis.
     
  3. Il est autorisé de porter une chaîne de cheville, cependant il ne faut pas que celle-ci émette un son quelconque, par des petites clochettes par exemple.
     
  4. Les bijoux de n’importe quelle matière sont autorisés (aux femmes), à l’exception de la bague qui ne doit pas être en fer, en acier ou en cuivre.
Question répondue par Centre de Recherches et de Fatâwa de la RĂ©union le 17/03/2016 à 16:17

Beaucoup de Fouqaha (juristes) et de Mouhaddiçîne (personnes versées dans la science des Hadith) affirment que Raçouloullah (sallallâhou'alayhi wa sallam) portait une bague par nécessité (pour tamponner ses lettres). Ainsi, porter une bague sera une Sounnah pour la personne qui a la même nécessité de tamponner (ex: un dirigeant, un secrétaire,…).

Pour celui qui n'a pas cette nécessité, ce ne sera qu'une permission (djawâz).

Cependant cette permission est soumise à certaines conditions :

  1. La bague doit être en argent (Toutes les autres matières sont prohibées pour l’homme).
  2. La bague doit peser moins de 4,37 gr.
  3. Elle ne doit pas être une bague connue pour être portée des femmes (ex: ornées de pierre).
  4. La niyyah ne doit pas être corrompue (ex: ostentation, mode, etc…).
  5. Il est mieux de la porter à la main gauche. Cependant, il est permis de la porter à la main droite. Mais elle doit être portée dans l'auriculaire (petit doigt). Si la bague a une pierre, la pierre doit être tournée vers la paume de la main.
Question répondue par Centre de Recherches et de Fatâwa de la RĂ©union le 25/02/2016 à 11:37

Selon certains savants Hanafites, l’utilisation des clochettes peut-être permise, à condition que celle-ci soit faite pour un motif qui ne contrevient pas aux règles ou aux finalités du droit musulman. On pourrait citer comme exemple d’usage licite le fait de mettre des clochettes au cou des animaux d’un troupeau

 En effet, l’éminent juriste Hanafi, l’Imâm Mouhammad Ach-Chaybâni (rahimahoullah) écrit en ce sens, dans un de ses ouvrages ("As-siyar-oul kabîr") :« Il est déconseillé d’accrocher une clochette au cou d’un animal, lors des campagnes militaires au sein d’un territoire hostile car le son qu’elle produit pourrait indiquer à l’ennemi l’emplacement des musulmans….De la même façon, si le cavalier (musulman) se trouve dans un espace détertique en territoire hostile où il y a le risque pour lui de devenir une cible potentielle d’agression, il lui est aussi déconseillé d’accrocher une clochette au cou de son animal, afin de ne pas se faire remarquer. Toutefois, si le port de la clochette présente une utilité quelconque, il n’y a pas de mal à le faire, d’autant plus que cette pratique présente de nombreux avantages comme .  celui de permette à  un animal qui s’éloigne du troupeau de pouvoir retrouver et rattraper les autres bêtes grâce au son de la clochette.  Ou encore, la nuit,  le son d’une clochette peut éloigner de la caravane des animaux dangereux.(...) »  (Fatâwa Al-Hindiyyah- Volume 5/ Page 354)

Vu les nombreux avantages de la clochette, les savants ont donc donné l’autorisation de l’accrocher au cou de l’animal. Puis, certains savants ont donc bien évidemment élargi cette permission d’utiliser les clochettes pour toute chose possédant un intérêt à caractère licite.

Pour ce qui est du Hadith qui dit que « les anges n’accompagnent pas un groupe de gens dans lequel se trouve un chien ou une cloche », selon certains savants, il ne s’applique que dans un contexte de guerre. Mufti Sa’îd Palanpourî écrit dans son commentaire de Tirmidhî : « (La règle énoncée dans) Ce hadith est spécifique au groupe qui est engagé dans des hostilités. Le Prophète (salallâou’alahi’wassallam) a mis l’emphase sur le fait qu’aucun chien n’accompagne l’armée et qu’aucun animal se trouvant avec eux ne porte à son cou une clochette pour éviter que, le son qu’ils pourraient produire n’informe les ennemis sur les faits et gestes du groupe. (…) Cet ordre est spécifique au groupe qui est dans une situation de belligérance et ne s’applique pas à d’autres groupes. Certaines personnes ont donné à cette parole du Prophète (salallâou’alahi’wassallam) un sens général, et ont ainsi affirmé qu’il est interdit de faire sonner les cloches dans les Madressahs (écoles coraniques). Ceci n’est pas correct. » (Thoufat-oul al-ma’î- Volume 4/ Page 621)

De même, nous pouvons noter que plusieurs érudits -tels qu’Abû Dâoûd (rahimahoullah) ou encore l’Imâm At-Tirmidhî (rahimahoullah)- ont classé le Hadîth : « Les anges n’accompagnent pas un groupe de gens dans lequel se trouve un chien ou une cloche », dans le chapitre concernant le Jihâd. Ceci peut-être argument solide permettant de prouver que ce Hadîth est spécifique au Jihâd.       

Aussi, nous voyons dans ce Hadith, que le Prophète (salallâou’alahi’wassallam)  désapprouva également le fait que l’homme possède un chien. Toutefois, comme nous le savons tous, la Chari'a a autorisé au musulman de posséder certains types de chiens, comme par exemple les chiens de chasse, les chiens de troupeau, les chiens de garde… S’il a été autorisé de garder certains types de chiens, c’est justement pour l’intérêt de l’être humain. S’il est ainsi pour les chiens, pourquoi serait-il différent pour les clochettes, alors que tous les deux ont été cités ensemble dans ce Hadîth. De là, nous pouvons en déduire qu’il est permis d’utiliser les clochettes, lorsque celles-ci sont utilisées pour un objectif licite, à l’instar du chien. (Taqmila de Fath-oul Moulhim de Muftî Taquî Uthmânî - Volume 10/ Page 155)

De même, certains savants se sont appuyés sur le fait que la révélation parvenait au Prophète (salallâou’alahi’wassallam), comme le bruit d’une cloche. En effet, il est rapporté que Hârith Ibn Hishâm (radhia’allâhou’anhou) demanda au Messager d’Allah (salallâou’alahi’wassallam): « Ô Prophète d’Allah, comment te vient la révélation ? » Le Prophète (salallâou’alahi’wassallam) lui répondit : « Parfois, elle me vient comme le bruit d’une cloche, c’est pour moi la forme la plus éprouvante..... » (Cité par l’Imâm Al-Boukhârî dans son Sahîh) Ainsi, si nous prenons les deux Traditions citées dans la question comme telles, la question suivante peut-être posée : comment le Prophète (salallâou’alahi’wassallam) a pu comparer une chose louable, qu’est la révélation, avec une chose condamnable ? Les savants ont donc donné différentes explications à cela. Nous allons nous contenter d’en citer que deux :

  1. Certains savants ont répondu cette problématique, en affirmant tout simplement que les Ahâdiths dans lesquels le Prophète (salallâou’alahi’wassallam) condamna l’utilisation de la clochette est spécifique au Jihâd. Ainsi, selon eux, il y a donc aucun mal de comparer la révélation à une cloche.  (Kashf-oul Bârî- Volume / Page 259)
     
  2. Ibn Hajar écrit dans son fameux commentaire du Sahîh de l’Imâm Boukhârî : «  Il n’est pas nécessaire que le comparant et le comparé soient identiques en tous points… Mais, il suffit qu’ils aient tous les deux un point commun, qui est dans ce contexte le son. » En effet, dans le Hadîth dans lequel il est mentionné que la Révélation parvenait comme un tintement de la cloche, l’élément commun qui relie les deux, est la puissance du son. Néanmoins, dans l’autre Hadîth dans lequel il est dit que la cloche est la flûte de Satan, l’élément commun qui pourrait exister entre les deux est la procuration du plaisir. (Voir Fath-oul Bârî- Volume 1/ Page 20)

De là, nous pouvons en déduire, qu’il n’est donc pas permis d’utiliser la clochette pour un but contraire aux enseignements de l’Islam (comme par exemple le fait de porter pour les femmes des chaînes clochettes en présence d'hommes étrangers (non-mahram)....).Bref, le statut de la clochette dépendra ainsi de son utilisation. Si on l’utilise dans un but à caractère licite, on ne pourra pas considérer cela comme interdit.

 Wa Allâhou A’lam !

Question répondue par Moufti Housman Omarjee le 28/02/2014 à 02:35
The bottom