Daroul Ifta
Centre de Recherche et de Fatawa (Avis Juridique Islamique)

Les innovations et traditions

Le chiffre 786 est, selon un dénombrement particulier, la valeur numérique de Bismillâhi Rahmânir Rahîme. Le Qour'aan, les Hadiths et les livres de jurisprudence n'ont rien mentionné à propos du chiffre 786. Les gens, ainsi que de nombreux savants utilisent normalement ce chiffre au début de leur correspondance pour éviter de manquer de respect au Bismillâh dans le cas où le papier sur lequel il est écrit serait jeté.
Moufti Shafi (rahimahoullah) -le grand Moufti du Pakistan- a écrit que le chiffre 786 n'est pas le substitut de Bismillâh. Ainsi, affirmer que ce nombre a une signification religieuse et apporte le bonheur révèle une grossière ignorance des enseignements de l'Islam.

Quand Moufti Mahmoud (rahimahoullah) fut questionné à propos de sa signification, il répondit justement que ce nombre n'avait aucune signification. Il n'a jamais eu connaissance de la mention de sa signification dans la littérature islamique. Questionné sur le fait que ce nombre inscrit sur les plaques ou ailleurs constituerait un manque de respect, il répondit dans la négative. Il dit que cela ressemble à l'ombre d'une personne. Si vous frappez l'ombre de la personne, elle ne sentira aucune douleur. Similairement, si ce nombre est jeté dans la poubelle par exemple, cela ne constituera pas une offense. Cependant, il n'y a aucun mal si une personne préfère ce nombre pour sa plaque ou GSM afin de faciliter la mémorisation. Wa Allahou A'lam

Moufti Louqmân Ingar

Question répondue par Centre de Recherches et de Fatâwa de la RĂ©union le 14/02/2014 à 07:14

Durant l’époque antéislamique, comme il a été souligné dans la question, les gens considéraient l’observation du silence comme étant une action purement cultuelle (‘Ibâdât). D’ailleurs, certaines personnes vivant à cette époque faisaient même le vœu de ne pas parler. Ils agissaient ainsi, dans le but d’obtenir le rapprochement de Dieu. Puis, après l’avènement de l’Islam, afin d’enlever cette fausse croyance des cœurs des gens, le Prophète (sallallâhou'alayhi wa sallam) désapprouva cette pratique, en montrant que celle-ci ne figurait pas dans la législation islamique (Chari'a). D’ailleurs, Ibn ‘Abbâs (radhia’allâhou’anhou) rapporte : « Alors que le Prophète (sallallâhou'alayhi wa sallam) prononçait son sermon, un homme restait debout. Il interrogea (les gens) à son sujet et on lui dit : « C’est Abû Isrâ’îl qui a fait un vœu de demeurer debout sous le soleil sans jamais s’asseoir ni se mettre à l’ombre. Il a fait aussi le vœu de ne pas parler et de jeûner continuellement. » Le Prophète (sallallâhou'alayhi wa sallam) dit alors : « Ordonnez-lui de parler, de se protéger du soleil, de s’assoir et de poursuivre son jeûne. » (Cité par l’Imâm Al-Boukhârî dans son Sahîh).

De là, les juristes musulmans ont affirmé qu’il n’est donc pas permis à une personne d’observer le silence, en croyant qu’il s’agit d’une œuvre pie (‘Ibâdât)

Cependant, selon le célèbre savant Hanafi, Ibn Âbidine Châmi (rahimahoullah), si une personne n’a pas une telle croyance, il lui est permis de garder le silence, à cause de cette Tradition du Prophète  (sallallâhou'alayhi wa sallam) qui dit : « Celui qui se tait, sera sauvé. » (Radd-ul-Muhtâr ‘Alâ Ad-Durr-Il-Mukhâr -Volume 3/ Page 441).

Bien que l’observation du silence n’est pas un acte d’adoration proprement dit (‘Ibâdât), il ne convient pas au croyant de délaisser totalement cette pratique, vu les nombreux Ahâdith montrant les mérites de celle-ci. Ainsi, il est donc du devoir de chaque musulman responsable (Moukallaf) de tenir sa langue de toute parole interdite (médisance, calomnie..) ou encore de tout propos futile. La Chari'a a d’ailleurs tellement insisté sur l’importance de la maitrise de la langue, qu’elle nous a conseillé de nous taire, lorsque l’intérêt de parler est identique à l’intérêt de se taire. En effet, l’éminent savant An-Nawawî a déclaré dans son ouvrage « Riyâd-ous-Sâlihine » (le jardin des vertueux) : « Lorsque parler et se taire reviennent au même, la Sunna nous enseigne de nous taire, car les propos licites peuvent conduire à des propos interdites ou détestables. »  (Page 388)

Ainsi, il est donc du devoir du serviteur d’éduquer sa langue conformément aux règles établies par le Législateur Suprême.

Néanmoins, il est bon de souligner tout de même, que selon les savants, une parole vertueuse est sans aucun doute préférable au silence. En effet, Tâwous (rahimahoullah) disait justement, à propos de cela : « Un pieux qui parle est meilleur qu’un pieux qui est silencieux » (Mirqât-oul- Mafâtîh - Volume 6 / Page 388)

De même, en substance du Hadith : «….et il n’est pas permis d’observer le silence toute la journée », Allâma Khattâbî (rahimahoullah) a écrit : « Le silence faisait partie des rites observés au temps de l’ignorance (jâhiliyyah). L’Islam a interdit une telle pratique et a ordonné le dhikr et les bonnes paroles. » (Fath-oul-Bhârî- Volume 7/Page 190).

Ainsi, il ne convient donc pas au musulman d’observer le silence tout le temps, car en agissant ainsi, il ne sera pas en mesure d’accomplir certaines œuvres vertueuses, qui lui ont été enseignées par l’Islam, telles que l’évocation d’Allah avec la langue, la récitation du Qour’ann, le commandement de ce qui est convenable, la proscription de ce qui est blâmable…  (Ad-Durr-oul-Mandhoûd-Volume 5 / Page 64)

On peut donc conclure qu’il n’est pas très approprié pour le musulman d’observer le silence durant toute une journée, car cela l’empêcherait d’accomplir toutes ces bonnes œuvres, qui sont remplies tant de mérites. Tout en faisant l’effort pour contrôler notre langue des propos illicites, on se doit de prononcer des paroles vertueuses, à chaque occasion qui se présente à nous, étant donné que celles-ci peuvent très certainement nous permettre d’obtenir la satisfaction d’Allah. 

Question répondue par Moufti Housman Omarjee le 27/02/2014 à 14:44
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