Daroul Ifta
Centre de Recherche et de Fatawa (Avis Juridique Islamique)

Centre de Recherche et de Fatawa (Avis Juridique Islamique)

Le Centre a pour objectif d’apporter des réponses simples et concises à vos interrogations sur l’Islam en général et sur le droit musulman en particulier.

Vous y trouverez des avis juridiques mais aussi des conseils pratiques et des orientations éthiques en rapport avec l’ensemble des aspects de la vie du croyant et de la croyante, que ce soit dans sa relation avec Son Créateur que dans son rapport avec ceux et celles qui l’entourent.

Les 5 dernières questions :

Le Talâq donné à une épouse en état de menstrues (haiz) est valide, bien que cela ne corresponde pas à la façon de donner le Talâq selon les enseignements de la Sounnah.

أن الطلاق في الحيض لغير السنة. وأنه واقع كونه لغير السنة؛ لأنه عليه الصلاة والسلام أمره بمراجعتها، ولو لم يكن واقعًا، لما احتاج إلى رجعة. (مختصر شرح الطحاوي 5/17(

Question répondue par Moufti Louqman Ingar le 04/12/2017 à 18:40

Par rapport à cette question, nous pouvons citer un Hadîth rapporté par Aboû Houreira (Radhi Allâh ‘Anhou), dans lequel celui-ci affirme que le Messager d’Allah (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) a dit : « Le Prophète d’Allah récitait dans la Salât de Fadjr, le vendredi, Alif lâm mîme tanzil as-Sadjdah (sourate 32) et Hal ataa (c’est-à-dire la Sourate Al-Insâne (L’Homme, sourate 76))»(cité par l’Imâm Al-Boukhârî et Mouslim dans leur Sahîh).

A partir de cette Tradition, nos savants affirment qu’il est recommandé (Moustahab) de lire ces deux Sourates, le jour du vendredi, lors de la prière de l’aube. D’ailleurs, dans son commentaire du Sahîh-ul Boukhârî, Moufti Taquî ‘Outhmânî écrit : « Le jour du vendredi, dans la Salât de Fadjr, le Prophète (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) récitait ces deux Sourates, c’est-à-dire que c’était son habitude de les réciter la plupart du temps. C’est pour cette raison que certains Dhâhirites affirment qu’il est nécessaire, le jour du vendredi, durant la Salât de Fadjr, de réciter seulement ces deux Sourates, et non d’autres. Néanmoins, cet avis n’est pas correct.

Selon la plupart des savants, si quelqu’un les récite en ayant l’intention de suivre le Messager d’Allah (sallallâhou ‘alayhi wa sallam),In-cha Allâh, cette personne sera récompensée, et ceci est également Mustahab (recommandé), à condition de ne pas considérer cette pratique comme étant une obligation. En un mot, de les lire parfois, et de lire d’autres Sourates parfois et de ne pas faire en sorte de les réciter tout le temps. Concernant cette pratique, il y a beaucoup d’excès [de la part de certains] d’un côté, et de l’autre côté beaucoup de laxiste [de la part] de d’autres. […] Il faut donc  adopter une voie médiane… »(In’âm-oul Bârî – Volume 4/ Pages 64 & 65)

De même, l’Imâm An-Nawâwî écrit : « Ce Hadîth est un argument pour notre « Madhab » (école de jurisprudence) et ceux qui sont de notre avis sur le fait qu’il est recommandé de lire ces deux Sourates dans la prière du matin, le vendredi. Ainsi, il n’est donc pas Makhûh (déconseillé) de réciter un verset de prosternation dans la prière ou encore de faire les prosternations. L’Imâm Mâlik et les autres ont mentionné cela. Mais, ce Hadîth est un argument contre eux. » (Commentaire de Mouslim)  

Néanmoins, d’après les savants Hanafites, il n’est pas approprié de les réciter à chaque vendredi, au cours de la Salât de Fadjr, étant donné que cela revient à les déterminer ; et en règle générale, il est déconseillé de fixer de manière spécifique des Sourates pour telle ou telle prière. De plus, selon certains savants, agir ainsi tout le temps peut semer la confusion dans l’esprit des gens, qui pourraient croire qu’il est obligatoire ou Sounna Mouhakkada de les réciter, tous les vendredis, lors de la Salât de Fadjr (voir Ad-Dourr-ul Mandhoûd – Volume 2 / Page 416 – ‘Oumdad-ul Qârî – Volume 5 / 36).

Toutefois, certains savants (dont certains Shâfî’ites notamment) disent qu’il est recommandé de lire à chaque vendredi ces deux Sourates, dans la Salât de Fadjr (voir fiqh-oul islâmî). Ces derniers, tout en prenant le Hadîth cité plus haut (« Le Prophète d’Allah récitait dans la Salât de Fadjr, le vendredi, Alif lâm mîme tanzil as-Sadjdah et Hal ataa »), qui,selon eux, exprimerait une action « continuelle » que faisait le Messager d’Allah, s’appuient également sur une Tradition citée par At-Tabrâni, rapportée par Ibn Mass’oûd (Radhi Allâh ‘Anhou) dans laquelle il est mentionnée que le Messager d’Allah (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) lisait tout le temps ces deux Sourates, le vendredi, au cours de la Salât de Fadjr. Cependant, les spécialistes de Hadîth ont remis en cause la fiabilité cette Tradition, en disant que cela n’est pas mentionné généralement dans les autres Ahâdith. De même, admettons que ce Hadîth est correct, il est possible de l’interpréter, en disant qu’il fait référence à l’action que le Prophète (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) faisait la plupart du temps.

De même, en substance du Hadîth " Le Prophète d’Allah récitait dans la Salât de Fadjr, le vendredi, Alif lâm mîme tanzil as-Sadjdah (sourate 32) et Hal ataa (c’est-à-dire la Sourate Al-Insâne (L’Homme, sourate 76))",‘Allâma ‘Aynî écrit : « D’après la plupart des savants, cela ne suppose que cela doit être fait de manière continuelle ». (‘Oumdad-ul Qârî – Volume 5 / 36)

De ce fait, il n’y a donc aucune preuve claire montrant que le Messager d’Allah (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) lisait tout le temps ces deux Sourates, le vendredi, au cours de la Salât de Fadjr. D’ailleurs, Muftî Ridh-ul Haqq écrit : « Il n’est pas prouvé que cette action doit être pratiquée tout le temps, étant donné qu’il est rapporté dans d’autres riwâyat que le Prophète (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) lisait également les Sourates Al-Moulk (La Royauté) et Al-Rûm (Les Romains)… » (Fatâwa Daroûl ‘Ouloûm Zakariyya –Volume 2/ Page 186). En un mot, il serait conseillé de réciter souvent ces deux Sourates, le vendredi, au cours de la Salât de Fadjr, comme c’était l’habitude du Prophète, tout en les délaissant de temps au temps. 

 

Pourquoi le Prophète (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) les récitait-il souvent le vendredi ?

Selon les savants, si le Prophète (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) lisait ces deux Sourates, le vendredi, au cours de la Salât de Fadjr, c’est parce que dans celles-ci sont mentionnées la création de l’homme et la venue de la Qyâmat. Et, ces deux éléments sont étroitement liés au jour de djoumoua’, comme cela est rapporté dans le Hadîth suivant : « Le meilleur des jours où le soleil se leva est le Vendredi : c’est le jour où Adam fut créé, le jour où il fut introduit dans le paradis, le jour où il fut porté en bas sur terre, le jour où Allah le pardonna, le jour où Adam mourut, et où le Jour de Résurrection aura lieu. »(Rapportépar Mouslim et Aboû Dâoûd).

Question répondue par Moufti Housman Omarjee le 01/12/2017 à 14:50

Réponse : Jeûner durant le mois de Ramadhân fait partie des cinq piliers de l'islam et est un acte d'adoration très méritoire.

Abou Houraira (radhiyallahou 'anhou) rapporte ces paroles du Messager d'Allah (sallallahou alayhi wassallam) : "Quiconque jeûne le mois de Ramadhân avec foi et sincérité se verra pardonner ses péchés antérieurs ". (Cité par Boukhâri et Mouslim).
Abou Houraira (radhiyallahou 'anhou) rapporte également en ce sens : "Allah dit : Toutes les actions du fils de Âdam lui appartiennent excepté le jeûne, car il m'appartient (le jeûne est fait pour moi exclusivement), et j'en offrirai moi même les récompenses". (Cité par Boukhâri et Mouslim)

Néanmoins, Allah Ta’âla déclare dans le Qour’aan : "Le mois de Ramadhân au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne ! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours. Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d’Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants! ". (Al Baqarah - 185)
À travers ce verset, il en ressort que celui qui n'est véritablement pas en capacité de jeûner à cause d'une maladie ou qu'il est en voyage (d'un point de vue de la Chari'a) et éprouve des difficultés à jeûner, alors l'autorisation lui est accordée de la part d'Allah, le Législateur lui même, de ne pas jeûner et de remettre à plus tard le jeûne lorsqu'il sera en condition de le faire.

De plus, dans la suite du même verset, Allah dit : "Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous". Tout porte donc à dire que celui qui pour une raison valable, et malgré son désir, n'a pas pu jeûner durant le mois de Ramadhân, et le remplace après ce mois béni, recevra la récompense complète du jeûne incha Allah.

D'ailleurs, dans un hadith très connu rapporté par Oumar ibnou Al Khattâb (radhiyallahou 'anhou) le Prophète Mouhammad (sallallahou alaihi wassallam) a dit : "Les actions dépendent des intentions". Donc, la personne qui, malgré son intention sincère et sa bonne volonté, n'a pas pu accomplir une action obligatoire et la rattrape plus tard, recevra forcément la même récompense que celui qui l'a fait avec toutes les conditions requises.

Wa Allahou a'lam

Question répondue par Moufti Fayzal Valy le 21/06/2016 à 20:33

Réponse : De la même manière que pour la Zakâte, l'autorisation de la personne concernée est nécessaire pour donner la Sadaqat oul Fitr de sa part.
Cependant, comme le montant est fixe (par personne), le père de famille peut donner de la part de son épouse et ses enfants sans les en avertir s'ils sont sous sa responsabilité. (Fatawâ Rahîmiyah)

Wallâhou a'lam

Question répondue par Mufti Yasine Gangat le 13/06/2016 à 17:11

Réponse : Pendant le rinçage de la bouche ou le lavage du nez, si l'eau est entré dans la gorge et a été avalée, le jeûne est rompu et on devra remplacer (Qaza) ce jour de jeûne. Il n'est pas nécessaire de faire le Kaffârah, c'est à dire d'accomplir deux mois de jeûnes consécutifs. (Behesti Zewar)

Concernant ces deux points, il est conseillé, pour éviter de rompre le jeûne, de ne pas 'insister" lors de l'accomplissement de ces actes sounnah. Par exemple, il faut éviter "d'inspirer l'eau par le nez profondemment" mais le faire très légérement (voire même juste mettre les doigts humides). De même, plutôt de faire un gargarisme profond, il est préférable de rincer juste la bouche et de bien cracher ensuite.

Wallâhou a'lam

Question répondue par Mufti Yasine Gangat le 13/06/2016 à 17:00
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